"L'humain cherche à exprimer ce qu'il est, au fond.
Il veut prendre forme, s'épanouir dans ce monde."

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Facebouj

Le Vaud, le 7 mai 2020


Jérôme Boujol - Facebouj


Relation réelle, vivante. Celle que je ressens, tout au fond de mes tripes, avec l'Auvergnat. Lui qui n'avait nulle peur de s'attaquer aux croquantes, aux croquants, aux gens - prétendument - bien intentionnés. Lui qui ne craignait en aucune manière de se trouver ostracisé, mis à ban par l'autorité, lorsqu'il lui reprochait d'avoir quitté la route du bien commun. C'est la même révolte, le même anarchisme - au sens noble du terme - que je perçois, sous mon nombril. Mais il a besoin de s'exprimer autrement, de façon plus efficace, plus sûre. Pour véritablement, influencer le cours des choses.


Je pourrais l'appeler Snoopy. Et elle saurait pourquoi. Un jeu, entre nous, que nulle autre personne ne connaît. Les dernières fois, la figurine est allée se calfeutrer dans une boîte à mouchoirs; puis se planquer sous un verre opaque. Pour faire son "coucou surprise", une tradition qui laisserait de marbre le coeur d'un ordinateur. Tiens, à propos d'ordinateur: Snoopy l'utilise plus souvent, ces temps-ci. Télétravail oblige. Mais l'usage répété des touches n'est guère favorable aux tendons. Heureusement, les vacances de Pâques sont passées par là. Lézarder au soleil, entre les deux promenades quotidiennes. Chouette.


Ce qui est bien, sur Facebouj, c'est que je peux être en relation avec tout le monde. Des gens qui sont sur Facebook. Des gens qui n'y sont pas. Des gens qui sont déjà morts. Des gens qui ne sont pas encore nés. Des gens réels. Et même des gens fictifs. Ainsi ma tendre amie, Molly Christiane, que j'accueillais - haut comme trois pommes - à la porte pour converser avec elle. Secrètement. Car nulle autre personne, pas même mes parents, n'était en droit de savoir ce que nous nous disions. Ni  de la voir: elle disparaissait dès qu'ils apparaissaient.


Je dois vous dire mon soulagement de m'être libéré (une fois encore, et j'espère bien que cette fois-ci, c'est définitif) de mon addiction aux réseaux (dits) sociaux (et autres flux d'actualité). Non que mon dernier passage sur Facebook se soit révélé inutile: j'y ai repris contact avec une amie de jeunesse, dont le sourire sur une terrasse espagnole m'a illuminé. Mais à dire vrai, s'agissant des autres amis que j'ai sollicités, était-ce bien nécessaire? J'aurais pu leur écrire directement, sinon les appeler à leur numéro, pour leur proposer une rencontre. Une vraie. Pour parler musique, notamment.


Jérôme Boujol

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