ď»? Jérôme Boujol - Accompagnements

"L'humain cherche à exprimer ce qu'il est, au fond.
Il veut prendre forme, s'épanouir dans ce monde."

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Accompagnements

Le Vaud, le 19 mars 2021


Accompagnements bioludiques, où l'information sérieuse rencontre les joies de l'écriture, de la musique et de la comédie...


De nouvelles demandes d'accompagnement me parviennent, sans que je les sollicite. Je m'en réjouis, à vrai dire. Car j'aime aider chacune, chacun, à prendre conscience de ce qui l'anime, des profondeurs de la personnalité à la partie émergée de l'iceberg: les comportements, observables par autrui. En passant, entre autres, par les préférences. les intérêts, ce qui nous conduit, par exemple, à opter pour un métier plutôt qu'un autre, un environnement plutôt qu'un autre.


S'il est un accompagnement essentiel, fondamental pour moi, c'est celui de ma chère Fée Alvéole. A chacune de mes visites chez elles, ma respiration trouve une nouvelle ampleur, occupe un espace intérieur accru, mélange de force et de prudence. Car subsiste encore un chouïa - j'entends mon Papa - d'usage inadéquat de l'épée (sur le côté droit) et du bouclier (sur le côté gauche). Je le sais par le placement naturel de la voix, qui suit le relâchement progressif de mon thorax, de tous les muscles de mon corps. Elle se centre, elle s'ancre dans les profondeurs, elle évolue dans les hauteurs. La parole se libère. Celle de ce que je suis vraiment, tout au fond de mes entrailles.


Il y a eu, voici quelque temps, le pique-nique avec celle que je surnommerai ici la Folle des indépendants. Qui s'est démenée - et se démène encore - en faveur des "petits", des "unicellulaires", ainsi que je les appelle. Il y a un double mouvement. Celui, intérieur, de générer des liens, d'établir des ponts entre indépendants. Et celui, extérieur et tout aussi important, de faire entendre leur voix auprès de "qui de droit". Pierre, Guy et consorts. Voilà qui me fait penser à la chanson "Les oubliés" de Gauvain Sers.


Joli échange avec Le Châtelain sur des questions touchant à sa vie personnelle, familiale. En particulier, la relation avec son jeune fils. J'observe en moi quelque chose de neuf: le courage de dire, sans tourner autour du pot, ce que je ressens vraiment. Refléter, dès qu'elles sont présentes, mes impressions. Dire, par exemple, qu'en arrière-plan de la colère se cache apparemment la peur (j'en sais quelque chose, d'ailleurs). N'est-il pas plus adéquat de révéler sa crainte, son angoisse, plutôt que de se planquer derrière un énervement, une rage?


L'on peut se croire désorganisé, si l'on se cantonne à intégrer "bêtement" les remarques de sa hiérarchie. Mais si l'on est lucide - comme ce jeune Ami des enfants, on se rend compte qu'au fond, l'on n'avait pas l'attitude adéquate face à son métier. Rien de pire, pour générer des tensions intérieures, que d'avoir un comportement en décalage avec la réalité, les choses telles qu'elles sont. "Les faits sont têtus", disait Lénine. Inutile, donc, de faire comme si les imprévus - en vérité multiples - n'allaient pas se produire, venir mettre sens dessus dessous la précieuse to-do-list. Se regarder, honnêtement, dans le miroir; et proposer aux autres de faire de même.


Il est parfois des accompagnements involontaires. Sous la simple forme d'une phrase, qui nous est renvoyée par e-mail, en guise de miroir. Ainsi celle reçue du Scénariste qui s'ignore, oublieux que les mots, lorsqu'on les décoche à bon escient, ont le pouvoir du coup de fouet: "Chacun à sa place, dans la joie et la bonne humeur!" Ecrire, c'est aussi agir. Quoique la baffe de vive voix, ce n'est pas mal non plus. Me voici de retour dans mon obusier blindé, conscient de mes véritables cibles. Et de la nécessité de les affronter seul.


Si je me limitais à une blague de circonstance, je dirais que le Confiné a offert un beau cadeau au Confini. Par ces deux surnoms toutefois, je m'écarterais de la vérité. Je baptiserai donc le premier: Notre-Homme de Paris. En référence au lieu géographique, certes. Mais aussi à ce qui nous rassemble, lui et moi (Quasimodo?): la comédie musicale. Une forme d'expression qui recourt tant à la voix chantée qu'à la voix parlée. Deux "sorties" provenant d'un même canal, d'une même source. J'évoquais avec lui mon goût, en français, de l'accent méridional. Peut-être issu de mon origine (pour partie) occitane. Et certainement, de la musicalité de la langue, du comique de son utilisation dans un rôle sérieux. Tel Fernandel (quelle gueule!), dans Don Camillo.


Le chef d'orchestre des Beatles est aussi chanteur. Je dois avoir un attrait viscéral pour ceux qui, comme lui, ont cette faculté de s'exprimer de manière entière. Brute de décoffrage, diront certains. Mais cela a le mérite de l'honnêteté, de la vérité, par opposition au "politiquement correct". S'il est deux choses que j'ai envie de lui offrir, c'est 1) la capacité de se réfréner, de cadrer son propre emploi du temps et 2) le choix d'une prestation productive identifiée, dans le cadre de son activité professionnelle. Sans quoi, il ne sortira pas du micro-management, partout où il n'a pas véritablement confiance en ses collaborateurs.


Tantôt je vous accompagne, tantôt vous m'accompagnez... Tantôt, nous nous accompagnons mutuellement. Le plus beau, c'est quand nous ne savons plus qui est l'acteur et qui est le spectateur. Qui donne, qui reçoit? Je donne ma langue au chat.


A quoi bon s'accompagner les uns les autres si ce n'est pas pour s'offrir  un miroir l'un-e à l'autre? Si ce n'est pas pour que grâce à moi, vous découvriez la belle en vous? Et grâce à vous, je démasque la bête en moi?


Stewart Collins, Chan-Teuz, Godfather... et bien d'autres encore, que je n'ai plus véritablement rencontrés depuis des mois. Il y a aussi la Fille au milieu du gué, accompagnée de son être préféré. Elle m'invite à la légèreté de surface. Moi, à celle des profondeurs. Peut-être le pont entre nous est-il vertical, plutôt qu'horizontal?


Jérôme Boujol

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