"L'humain cherche à exprimer ce qu'il est, au fond.
Il veut prendre forme, s'épanouir dans ce monde."

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Accompagnements

Le Vaud, le 18 juin 2020


Accompagnements bioludiques, où l'information sérieuse côtoie les joies de l'écriture, de la musique et de la comédie...


Evidemment, ces derniers mois, les accompagnements de proximité se font rares.

Restent ceux - présents dans le temps mais pas dans l'espace - pratiqués par visioconférence. Comme dirait l'autre: "C'est mieux que rien."


Ils se font rares, certes. Mais au bénéfice, peut-être d'une forme nouvelle: les pique-niques. Que j'ai initiés avec quelques partenaires et amis de longue date. Tout récemment, ce fut avec celle que je surnommerai ici la Folle des indépendants. Qui s'est démenée - et se démène encore - en faveur des "petits", des "unicellulaires", ainsi que je les appelle. Il y a un double mouvement. Celui, intérieur, de générer des liens, d'établir des ponts entre indépendants. Et celui, extérieur et tout aussi important, de faire entendre leur voix auprès de "qui de droit". Pierre, Guy et consorts. Voilà qui me fait penser à la chanson "Les oubliés" de Gauvain Sers.


Il est parfois des accompagnements involontaires. Sous la simple forme d'une phrase, qui nous est renvoyée par e-mail, en guise de miroir. Ainsi celle reçue du Scénariste qui s'ignore, oublieux que les mots, lorsqu'on les décoche à bon escient, ont le pouvoir du coup de fouet: "Chacun à sa place, dans la joie et la bonne humeur!" Ecrire, c'est aussi agir. Quoique la baffe de vive voix, ce n'est pas mal non plus. Me voici de retour dans mon obusier blindé, conscient de mes véritables cibles. Et de la nécessité de les affronter seul.


Je n'aurais pas cru que ce fût possible. Et pourtant si: ma bonne Fée Alvéole a réussi l'exploit de m'apporter (presque) autant par écran interposé que chez elle, sur sa table magique. Au fil de nos rencontres, les muscles se détendent, les côtes se libèrent, le souffle renaît... et la voix prend forme. Naturellement, spontanément, sans tension, sans effort. Un ancrage dans les graves et - petit à petit - une résonance dans les aigus. Ces harmoniques cachés, que je savais vivants, présents, mais que je ne pouvais exprimer, révéler. "Je ne suis qu'au début du chemin", pourrais-je regretter. Larmes de crocodile! "Je suis sur le chemin". Le chemin de la vérité. Le chemin de la liberté.


Si je me limitais à une blague de circonstance, je dirais que le Confiné a offert un beau cadeau au Confini. Par ces deux surnoms toutefois, je m'écarterais de la vérité. Je baptiserai donc le premier: Notre-Homme de Paris. En référence au lieu géographique, certes. Mais aussi à ce qui nous rassemble, lui et moi (Quasimodo?): la comédie musicale. Une forme d'expression qui recourt tant à la voix chantée qu'à la voix parlée. Deux "sorties" provenant d'un même canal, d'une même source. J'évoquais avec lui mon goût, en français, de l'accent méridional. Peut-être issu de mon origine (pour partie) occitane. Et certainement, de la musicalité de la langue, du comique de son utilisation dans un rôle sérieux. Tel Fernandel (quelle gueule!), dans Don Camillo.


Le chef d'orchestre des Beatles est aussi chanteur. Je dois avoir un attrait viscéral pour ceux qui, comme lui, ont cette faculté de s'exprimer de manière entière. Brute de décoffrage, diront certains. Mais cela a le mérite de l'honnêteté, de la vérité, par opposition au "politiquement correct". Je l'encourage, ces temps-ci, à poursuivre son chemin sur le terrain de l'expression écrite. Son grand mérite, c'est d'y faire apparaître, de façon limpide, le message, ce qui doit être saisi, compris par les destinataires. Foin de fioritures inutiles. Et contrairement à certains qui font un mauvais usage du copier/coller, lui sait fort pertinemment y recourir.


Tantôt je vous accompagne, tantôt vous m'accompagnez... Tantôt, nous nous accompagnons mutuellement. Le plus beau, c'est quand nous ne savons plus qui est l'acteur et qui est le spectateur. Qui donne, qui reçoit? Je donne ma langue au chat.


A quoi bon s'accompagner les uns les autres si ce n'est pas pour s'offrir  un miroir l'un-e à l'autre? Si ce n'est pas pour que grâce à moi, vous découvriez la belle en vous? Et grâce à vous, je démasque la bête en moi?


Rencontre, fort instructive - de part et d'autre, je crois! - avec Stewart Collins. Pour mémoire (je m'adresse à notre public), nous pratiquons une forme d'échange amical: lui m'enseigne les fondamentaux d'une approche de renforcement musculaire, moi les bases de cet ensemble de percussions que l'on dénomme "batterie". Ce qui est passionnant, c'est le point de rencontre, l'intersection entre nos deux cercles d'activité. Ainsi nous sommes-nous centrés sur la respiration: elle est au coeur du mouvement, quel qu'il soit. Elle en assure la fluidité, la coordination de l'ensemble du corps. Qu'il s'agisse de jouer avec des accessoires sportifs ou avec des baguettes, des pédales, sur une Ludwig Breakbeats, le centre, le point de départ est le même. Je me réjouis de notre prochain rendez-vous. En chair et en os.


Moment magique, voici quelque temps, avec Chan-Teuz. Une fois n'est pas coutume, ce n'est pas moi qui l'ai accompagnée... c'est elle qui l'a fait. Equipée de sa Little Martin Ed Sheeran, elle a revu (voire appris) les accords utiles aux trois chansons de Georges Brassens que j'avais envie de chanter: "La mauvaise réputation, "Chanson pour l'Auvergnat" et "Le gorille". La, mi, sol, do, ré... Majeur, mineur, à trois sons, à quatre sons... Avec une rapidité qui m'a sincèrement surpris, Chan-Teuz a intégré la structure des chansons et a enchaîné les accords avec une certaine aisance. Grâce à son talent personnel, certainement; et à la taille réduite de sa guitare, adaptée à celle de ses mains. Comme quoi avec de petits doigts, on peut faire de grandes choses!


Flash-back, il y a quelques mois. Echange par téléphone avec Godfather, sur ses projets d'avenir (au nombre de trois) et les "ponts" entre ceux-ci et sa situation professionnelle présente. "Jouer un rôle central": tels furent les mots qu'il prononça et me marquèrent le plus. Non seulement ils entraient en résonance avec deux de ses "moteurs de fond": s'amuser, prendre du plaisir; et exercer son pouvoir, influencer. Mais ils trouvaient aussi un écho avec sa faculté naturelle à mettre en contact, les uns avec les autres, les membres de son réseau. Une récente visioconférence me l'a confirmé: Godfather est doué d'un véritable magnétisme. Un charisme christique. Une capacité de séduire, d'attirer, d'emmener les autres dans le sillage de sa vision. La vraie question est, maintenant: au service de quoi veut-il, réellement, se mettre? Quelle est son envie, profonde, viscérale? Peut-être que, tout compte fait, la santé, ce n'est pas un luxe.


Jérôme Boujol

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