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Parce que nous le valons bien

Tout adjectif placé après "vous êtes" – qu'il encense ou stigmatise – est un jugement absolu. Il nous amène à croire que nous avons une valeur intrinsèque: élevée pour certains, basse pour d'autres. Notre valeur, en fait, est relative…

Voici quelques mois, Mylène (prénom d'emprunt) s'adresse à moi. Sa hiérarchie – elle travaille dans une grande institution – la force à demander sa mutation dans un autre service. Ce, parce qu'elle "dysfonctionnerait" vis-à-vis de ses "clients". Elle n'aurait pas, à leur égard, le respect qui leur serait dû.

Mylène reconnaît avoir, en certaines circonstances, adopté un ton qu'elle qualifie elle-même de "cassant". A l'analyse (facilitée par le recours à un outil psychométrique), il s'avère que Mylène ne sait trop comment gérer les situations où la pression augmente: elle se sent démunie, jusqu'au moment où elle a perdu le contrôle. C'est alors qu'elle adopte le ton autoritaire, voire agressif, qu'on lui reproche.

Est-ce à dire que Mylène – comme le prétendent les quelques "clients" qui se sont plaints à sa hiérarchie – est intrinsèquement autoritaire, agressive? Et qu'en conséquence, il s'agit de la faire disparaître du paysage (du leur, tout au moins)?

"Je te donne / Je te donne tout ce que je vaux / Ce que je suis, mes dons, mes défauts / Mes plus belles chances, mes différences" s'époumone Jean-Jacques Goldman, en écho à la situation de Mylène…

Combien de personnes auront-elles, comme Mylène, été déplacées, voire licenciées, parce qu'elles sont ceci ou cela? Leur laissant supposer qu'elles ne valent rien, dans l'absolu?

Toutes et tous, "nous le valons bien": mais dans certains contextes seulement. L'enjeu, c'est de trouver l'environnement professionnel dans lequel nos dons – et nos défauts – sont utiles. Bonne nouvelle: il existe.


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